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dimanche 20 décembre 2009
Prendre le Train sans Crier Gare
Roulé chargé dans Paris, hier, entre une magnifique hôte et le divan de mon ami Franswa. LA Gaxuxa dérapait sur la glace entre les bagnoles klaxonnantes et nerveuses. Si j'avais encore eu des doutes, ce qui n'est pas le cas, il se seraient évanouis. Je prends le train pour Avignon, d'où je terminerai ce voyage les cales aux pieds. Ô Salavès, je rentre chez nous. Tadada.
mardi 15 décembre 2009
Considérations pratiques
Voilà, chers amies et amis, voilà.
J'ai toujours eu l'idée, il a toujours été question, de rentrer en Languedoc à vélo. Cependant, le mois perdu à tousser mes alvéoles pèse lourd dans la balance de la réalité que je dois prendre en compte aujourd'hui. Je n'ai jamais été sportif et encore moins motivé par des rêves d'exploits ou de défis. Je ne suis pas du genre à m'obstiner à faire un truc qui m'agace et m'horripile au quotidien. Le froid, la pluie, la maladie et les perspectives d'écrabouillement sur l'accotement font partie de ces choses qui me plaisent moins dans la vie. Voici donc les données de l'équation que les circonstances placent devant moi ce matin.
En premier lieu, il n'y a plus que six ou sept heures d'ensoleillement par jour. En fait, vers 15 heures, je dois allumer les feux de signalisation et peu de temps après 16h, il fait, à toutes fins pratiques, noir. Ça devient dangereux de rouler. En Hollande, la grande majorité du parcours s'effectuait sur piste cyclable protégée, mais depuis mon retour en France, je partage mon espace vital avec les motos, camions, voitures et tracteurs, roulant évidemment tous et toutes à l'extrême limite du dérapage, sur des chaussées boueuses, détrempées, huileuses ou partiellement défoncées. À compter du crépuscule, lorsque je ne suis pas parvenu à atteindre mon abri quotidien, je suis envahi par un sentiment sinistre de connerie monumentale. À quoi bon, me dis-je, klaxonné par un dingue de cinq tonnes rouillées qui touche la toile de ma bâche en me frôlant à 100 km/h, à quoi bon ?
La température oscille désormais entre -5 et +2, ce qui n'est pas froid pour un Québécois, j'en conviens, mais qui rend les déplacements à vélo dans les collines de France pour le moins inconfortables et, à vrai dire, pas très amusants. Je pète de chaleur en grimpant, je me gèle le mouillé sur le poitrine en descendant.
Mon petit budget a été depuis longtemps dilapidé. J'ai reçu beaucoup d'aide de lecteurs, d'amis et de membres de l'organisation, mais je suis tout de même forcé d'opérer dans un cadre qu'on pourrait qualifier d'extrême au plan matériel, ce qui complique constamment les petites choses. Je fonctionne depuis longtemps sans filet, mais la saison rend la précarité plus lourde de conséquences. De plus, tant que je ne peux pas m'installer pour travailler de façon organisée, je retarde l'arrivée de fonds sur lesquels je comptais à l'origine pour le mois courant.
Mon corps a bien récupéré de la pneumonie et j'ai peu à peu retrouvé la forme cycliste perdue pendant ces longues semaines de fièvre à suer-froid entrailles, force et muscles, mais mentalement, moralement, psychiquement, je suis essoufflé. L'idée de compter sur un lieu sécuritaire et abrité où me réveiller pendant quelques mois consécutifs me remplit de bonheur et de soulagement, alors qu'au contraire, la tâche un brin ingrate de me broder un autre chapelet de quinze ou vingt bons samaritains de Paris jusqu'à Sauve me rebute et me décourage.
Une amie m'a indiqué que certains trains pourraient me ramener dans le Sud pour quelques sous et j'ai vérifié ces informations. Je jongle avec l'idée de me rapprocher à quatre ou cinq jours des Cévennes pour finir la route en pédalant, mais dans des conditions plus agréables. Barcelone, Marseille et Toulouse font partie des projets envisagés. Je vais méditer là-dessus encore quelques heures, mais je devrai prendre une décision d'ici demain soir.
J'ai toujours eu l'idée, il a toujours été question, de rentrer en Languedoc à vélo. Cependant, le mois perdu à tousser mes alvéoles pèse lourd dans la balance de la réalité que je dois prendre en compte aujourd'hui. Je n'ai jamais été sportif et encore moins motivé par des rêves d'exploits ou de défis. Je ne suis pas du genre à m'obstiner à faire un truc qui m'agace et m'horripile au quotidien. Le froid, la pluie, la maladie et les perspectives d'écrabouillement sur l'accotement font partie de ces choses qui me plaisent moins dans la vie. Voici donc les données de l'équation que les circonstances placent devant moi ce matin.
En premier lieu, il n'y a plus que six ou sept heures d'ensoleillement par jour. En fait, vers 15 heures, je dois allumer les feux de signalisation et peu de temps après 16h, il fait, à toutes fins pratiques, noir. Ça devient dangereux de rouler. En Hollande, la grande majorité du parcours s'effectuait sur piste cyclable protégée, mais depuis mon retour en France, je partage mon espace vital avec les motos, camions, voitures et tracteurs, roulant évidemment tous et toutes à l'extrême limite du dérapage, sur des chaussées boueuses, détrempées, huileuses ou partiellement défoncées. À compter du crépuscule, lorsque je ne suis pas parvenu à atteindre mon abri quotidien, je suis envahi par un sentiment sinistre de connerie monumentale. À quoi bon, me dis-je, klaxonné par un dingue de cinq tonnes rouillées qui touche la toile de ma bâche en me frôlant à 100 km/h, à quoi bon ?
La température oscille désormais entre -5 et +2, ce qui n'est pas froid pour un Québécois, j'en conviens, mais qui rend les déplacements à vélo dans les collines de France pour le moins inconfortables et, à vrai dire, pas très amusants. Je pète de chaleur en grimpant, je me gèle le mouillé sur le poitrine en descendant.
Mon petit budget a été depuis longtemps dilapidé. J'ai reçu beaucoup d'aide de lecteurs, d'amis et de membres de l'organisation, mais je suis tout de même forcé d'opérer dans un cadre qu'on pourrait qualifier d'extrême au plan matériel, ce qui complique constamment les petites choses. Je fonctionne depuis longtemps sans filet, mais la saison rend la précarité plus lourde de conséquences. De plus, tant que je ne peux pas m'installer pour travailler de façon organisée, je retarde l'arrivée de fonds sur lesquels je comptais à l'origine pour le mois courant.
Mon corps a bien récupéré de la pneumonie et j'ai peu à peu retrouvé la forme cycliste perdue pendant ces longues semaines de fièvre à suer-froid entrailles, force et muscles, mais mentalement, moralement, psychiquement, je suis essoufflé. L'idée de compter sur un lieu sécuritaire et abrité où me réveiller pendant quelques mois consécutifs me remplit de bonheur et de soulagement, alors qu'au contraire, la tâche un brin ingrate de me broder un autre chapelet de quinze ou vingt bons samaritains de Paris jusqu'à Sauve me rebute et me décourage.
Une amie m'a indiqué que certains trains pourraient me ramener dans le Sud pour quelques sous et j'ai vérifié ces informations. Je jongle avec l'idée de me rapprocher à quatre ou cinq jours des Cévennes pour finir la route en pédalant, mais dans des conditions plus agréables. Barcelone, Marseille et Toulouse font partie des projets envisagés. Je vais méditer là-dessus encore quelques heures, mais je devrai prendre une décision d'ici demain soir.
jeudi 26 novembre 2009
50th rider !
Joos Bikes for Peace in Zeeland

Joos was supposed to show me off to the edge of her village Kloetinge. Then the rain started. And the gale. So she liked it so much she decided we should go and have tea somewhere out there. Since she had gone 10 km, it was only natural that she guide me all the way to the new harbor of Vlissingen. And once there, the storm had so cut me thin that she could do nothing else but break the wind for me… until my next couchsurf, sympathetic bike activist Wim, who arrived presently, at the cockpit of his fantabulous rocket bike. Another wild day in Zeeland. In most countries, birds fly and cows walk. Here birds stay hidden and cows fly off in whole flocks.
sous
Carnet,
Mollomollets,
Nederland,
Paix,
Participants,
Peace,
Photos,
Riders
mardi 10 novembre 2009
Leek - Beilen ; 52 km
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Les deux derniers jours,
de bien petits sauts de puce,
mais sous les trombes.
Des linceuls, des mantilles,
des courtines poisseuses
recouvrent tout et s'invitent
dans chaque interstice
J'arrive chez ma pote
au bout de cet interminable
test de mon obstination
fourbu et moulu par la froidure
ruisselante et suintante
Nous nous serrons la main
sous l'assiette laiteuse qui
nous fait office de firmament
Ma gentille amie dont le nom
est Ceciel
mardi 20 octobre 2009
Six Mois !
lundi 12 octobre 2009
Rhede - Groningen ; 36 km
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Il y a 65 kilomètres entre Rhede et Groningen. Pourquoi 36, alors ? Parce que je n'ai pas pu me rendre. Nous avons fait du stop pour arriver jusqu'ici. La pneumonie n'est pas guérie. Spit blood, ja. Nicht gut. Nous ne savons pas trop quoi faire, à ce stade. Peut-être simplement deux jours de repos de plus. Uhm… Aïe, aïe, aïe.
jeudi 8 octobre 2009
mardi 6 octobre 2009
Pneu momie
Passé voir une doc. Gentille madame russe qui après examen pointe mes poumons et lâche :
— Nicht gut! Nicht, nicht gut.
Un mot français fuse de son discours, un mot que je connais bien. Elle me regarde droit dans les yeux, soudainement très sérieuse, au moment de prononcer :
— Pneumôôônie.
— Pneumonia ?
— Pneu-môôô-nie.
— Ach. Nicht gut.
Elle montre les cinq doigts de sa main.
— Ffffünf tag.
Puis elle couche sa tête sur ses avant-bras.
— Sleep.
— Cinq jours de dodo ?
— Ja.
— Je peux faire 60 kilomètres de vélo, demain, uhm ?
— Was ?
— Groningen. Fahrad. Vélo. Groningen. 60 kilomètres.
Elle rit. Franchement, elle me rit en pleine face.
— NEIN. Zéro kilomètres. Fünf tag. Five days. Minimum.
— Câlisse.
— Nein.
— Konzéquences, if I go to Amsterdam, vélo, uhm ?
— Konzéquence… Spit-blot… Zer sick… Krank… Tot.
— Tot ?
— Spit-blot
— Uhm.
Je décide de ne pas lui dire que justement, depuis 24 heures, j'en crache, du sang. Ces enfoirées de fridolines poussent même l'indécence jusqu'à me payer l'antibio, une fois qu'elles ont compris que ça ne sera pas possible autrement.
Quant à nos hôtes de Rhede, ils surpassent tout ce qu'on a connu jusqu'à présent côté hospitalité. Ils doivent partir dans quelques jours mais ils nous laissent leur maison. Que vont-ils faire ? Entraîner leurs mules, eux qui se préparent à faire le voyage Rhede - Compostelle l'été prochain. À pied. Avec des mules pour les bagages.
En attendant, je vais dormir, fünf tag.
— Nicht gut! Nicht, nicht gut.
Un mot français fuse de son discours, un mot que je connais bien. Elle me regarde droit dans les yeux, soudainement très sérieuse, au moment de prononcer :
— Pneumôôônie.
— Pneumonia ?
— Pneu-môôô-nie.
— Ach. Nicht gut.
Elle montre les cinq doigts de sa main.
— Ffffünf tag.
Puis elle couche sa tête sur ses avant-bras.
— Sleep.
— Cinq jours de dodo ?
— Ja.
— Je peux faire 60 kilomètres de vélo, demain, uhm ?
— Was ?
— Groningen. Fahrad. Vélo. Groningen. 60 kilomètres.
Elle rit. Franchement, elle me rit en pleine face.
— NEIN. Zéro kilomètres. Fünf tag. Five days. Minimum.
— Câlisse.
— Nein.
— Konzéquences, if I go to Amsterdam, vélo, uhm ?
— Konzéquence… Spit-blot… Zer sick… Krank… Tot.
— Tot ?
— Spit-blot
— Uhm.
Je décide de ne pas lui dire que justement, depuis 24 heures, j'en crache, du sang. Ces enfoirées de fridolines poussent même l'indécence jusqu'à me payer l'antibio, une fois qu'elles ont compris que ça ne sera pas possible autrement.
Quant à nos hôtes de Rhede, ils surpassent tout ce qu'on a connu jusqu'à présent côté hospitalité. Ils doivent partir dans quelques jours mais ils nous laissent leur maison. Que vont-ils faire ? Entraîner leurs mules, eux qui se préparent à faire le voyage Rhede - Compostelle l'été prochain. À pied. Avec des mules pour les bagages.
En attendant, je vais dormir, fünf tag.
lundi 28 septembre 2009
Meckelstedt - Bremerhaven ; 47 km
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Petit passage programmé à la mecque des machins de sport pas chers, aujourd'hui. Grâce des amis qui se reconnaîtront, je dormirai dans un sac de couchage adapté à la saison, à compter de ce soir. Il était plus que temps. Merci, merci, merci.
dimanche 27 septembre 2009
Stade - Meckelstedt, 49 km
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On s'est pas déchiré les nerfs des orbites, aujourd'hui, mais tant mieux. Parce que à Stade, nous étions hébergés dans un anniversaire à la teutonne. Rarement vu autant de bière dans un appartement.
dimanche 30 août 2009
Aller-Retour à Frombork
Voilà ! Je suis allé caillouter Copernic, synthétiser quelques bières, roupilloner le gazon de Nic et jonctionner Der Loulou. Les nouveaux morceaux de la Gaxuxa fonctionnent à merveille. Elle a ses patins neufs, sa fourche neuve, ses câbles neufs. Les gentils monsieurs de Neksus-Elblag l'ont toute nettoyée et regraissée, sans compter qu'ils m'ont poussé 6 bar dans les pneus. Alors ça roule ma poule, en avant la musique. Heureusement, d'ailleurs, parce que c'était une journée aussi non-ambitieuse que sans. Le premier tiers des 30 kilomètres était une ascension constante qui m'a presque fait mettre pied à terre, chose qui ne m'est plus arrivée depuis les Portes de Fer. Faut dire que l'escalade le matin, c'est pas mon fort. Les 20 suivants ? du ski. Y a qu'à diriger le guidon et prendre l'air. Au retour, c'est mollo, parce que la montée est répartie. C'est sans doute pour ça, pour ajouter un peu de piquant, que la Gaxuxa, euh… Au milieu du parcours… Euh… Croirez-pas ça… (première fois que ça m'arrive) uhm… j'entends un petit crac. Ma chaîne qui débarque. Je stoppe. Je replace, ça retombe. Je replace, ça retombe. « Pas cette fois-ci ! Ah-ah ! » Je replace, ça retombe. « Uhm. » C'est là que je prends le temps de regarder. Le petit plateau est cassé. Un bout de plastique tout tordu pend sur le pédalier. Eh beh… J'aurai tout eu !
Je roule les 18 derniers kilomètres avec 9 vitesses en moins. Ça casse un peu les jambes, mais selon Loulou, c'est bon pour les mollets. Nous rentrons à Elblag chez Daniel et Ewa, nos hôtes pas possibles qui nous prêtent leur appart. Le dernier 10 km, de bonnes portions à 45 km/h. On nous klaxonne quand même ! Ah, ah, ah. Si t'est pas supersonique, t'es moins que rien. Allez, vale ! vale ! Douches chaudes et lits douillets.
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Je roule les 18 derniers kilomètres avec 9 vitesses en moins. Ça casse un peu les jambes, mais selon Loulou, c'est bon pour les mollets. Nous rentrons à Elblag chez Daniel et Ewa, nos hôtes pas possibles qui nous prêtent leur appart. Le dernier 10 km, de bonnes portions à 45 km/h. On nous klaxonne quand même ! Ah, ah, ah. Si t'est pas supersonique, t'es moins que rien. Allez, vale ! vale ! Douches chaudes et lits douillets.
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vendredi 28 août 2009
Encore au toubib, la Gachou !

Non, vous n'avez pas la berlue ! La Gachou est de retour sur le billard. Ça commence à bien faire, n'est-ce-pas ? Eh bien ça ira. J'ai pris les grands moyens et suivi les recommandations de quatre ou cinq vélocistes en changeant carrément la fourche. Voilà, c'est chose faite, on verra par la suite. Faudra que ça tienne. Demain matin je retourne en arrière direction Est (Frombork) pour retrouver Nic Copernic et… la valeureuse Der Loulou ! Dernière chance pour les cailloux, magnez-vous les poux !
mercredi 26 août 2009
Une Journée de misère, ou presque

À la pluie presque du début à la fin. Au bout de 90 km, je commence à chercher un coin approprié pour déplier le matos. Que dalle. Je finis par longer une forêt qui pourrait le faire, mais je n'ai plus d'eau, alors j'espère un petit sklep pour y acheter une bouteille. Pas de sklep. Sont tous fermés, les sklep. C'est fête religieuse. Je finis par décider de prendre un camping. Mais… pas de camping là où on en annonçait un. Je continue, il fait bientôt noir. Tous les clignotants allumés, sans voir la route, c'est pas de la tarte. Une pancarte sur le bord de la route annonce « POKOJE 500 m ». Y a que des champs entourés de barbelés électrifiés pendant quatre bons kilomètres. Pas de routes, pas d'autres pancartes. Une immense enseigne attire le blaireau dans un « GOGO-DANCERS 1 km ». Hey, je me dis. Y a toujours un motel, près d'un bar-à-putes. C'est comme les mouches et les vaches, ça va ensemble. Eh bien, non, pas de Gogos, ni de motel, ni rien. Rasé, tout ça. Bombardé, brûlé, vendu, démonté, chais pas, mais j'ai soif et j'y vois plus clair.
J'arrive dans un patelin que ma carte décore de deux vignettes, une pour « hôtel », l'autre pour « auberge de jeunesse ». Demande à l'un, demande à l'autre, nie-nie-nie… Rien à faire. Introuvable. Il commence à faire froid. Je fouille ma carte à la frontale pour trouver une rivière, ce qui pourrait vouloir dire un pont, sous lequel je…
Bon… je poursuis sous les dernières lueurs de reflets de couchant, puis sous les étoiles. Je profite du lourd achalandage pour regarder où je vais, les phares des voitures me sauvant plus d'une fois d'une profonde ornière ou d'un nid de poule monstrueux.
J'arrive à Myszynec, ornée sur la même carte des mêmes petits dessins. Je demande au premier magasin, où on me dit « Nie, nie, nie… ». J'insiste. Je montre ma mappe. Ils voient bien qu'il doit y avoir des hébergements, puisque c'est imprimé. Ah, là… Ça change tout. Soudain, l'un se souvient d'un pokoje, l'autre d'un hôtel, une crie « camping », on m'explique tout pêle-mêle. Un gentil type me dessine le chemin des « chambres ». Je remercie chaleureusement et je fonce… En montrant mon plan grossier à 50 passants, je finis par arriver. Sur la terrasse de l'endroit même, un kebab, rien de moins, je demande à deux clients qui me rembarrent : « Nie, nie, nie ». M'en fous, j'insiste. Je vois même une pelouse derrière le bâtiment et je décide que si nie-nie, je tak-tak camperai là ! Eh, bien la dame m'aperçoit à peine du coin du cabaret qu'elle me demande : « pokoje ? ». TAK-TAK-TAK ! Mezen, pokoje. Dobre-dobre-tak-tak ! Il fait 6 degrés, tout est mouillé et je ne demande même pas le prix. Finalement, j'aurai une grande chambre chaude et sèche, une bouffe de roi le soir et un festin d'empereur le matin, pour 12€. Tout est bien qui finit plein et souriant.
J'ai imploré la providence, faut dire, vers dix-neuf heures trente. J'y crois pas encore tout à fait, mais euh… ça marche, on dirait. Quelque fois que j'y ai recours. Sans blagues. Si ça continue comme ça… On va devenir chums, elle et moi. Les Lois de la Manifestation, auraient dit mes parents. Tak-tak ! Dobre.
mardi 25 août 2009
Mollomollettes Polonaises
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lundi 24 août 2009
jeudi 30 juillet 2009
Chill à L'viv
Je n'ai jamais réussi à me reposer à Constanta. L'auberge était pleine de dingues qui mangeaient toute la journée. Une famille d'ogres ! Ils commençaient aux omelettes vers 6h le matin et grignotaient dix repas par jour, culminant avec les grillades au BBQ vers 22h. Ils avaient réservé les neuf dixièmes de l'auberge et faisaient jouer leurs télés et leurs radios toute la journée sur des postes différents. Il faisait chaud et la fumée du charbon et les effluves de viandes craquant dans la flamme ont fini par me rendre dingue. Se promener dans Constanta était stressant, à vélo et à pied. Les voitures, les louches, la misère, la richesse… Quant aux plages, il faut y payer sa place, à moins qu'on accepte de sécher comme un jerky en plein soleil. Pas trop de détente le jour, donc, dans cette ville bruyante, brûlante, branlante, braillante et bétonnée. Le soir, vers une heure, les colocs de mon dortoir faisaient leur apparition, parlant comme en plein jour, déplaçant des objets lourds, trinquant. Puis ils allumaient la télé ! Parfois jusqu'à cinq heures du matin. Alors je dormais à poings fermés pendant soixante minutes, avant que la famille des ogres ne reprenne son programme de suicide par le gras. Une seule nuit j'ai pu me reposer vraiment, parce qu'une Roumaine sympa qui n'en pouvait plus de cet endroit m'a légué sa chambre payée d'avance.
C'est vraiment en arrivant à L'viv que je me suis rendu compte à quel point j'étais fatigué. Pas physiquement, mais dans ma tête. Alors j'ai décidé de profiter du fait qu'il semble possible de faire le vide ici et j'ai pris un lit dans un dortoir pour 4 soirs. Demain je travaille (encore) sur la Gaxuxa. Aujourd'hui je m'attaque à ma montagne de courriels (150+). Je termine aussi un texte sur les deux jours de transit Ivano-L'viv. Voilà.
Après, Pologne, forêts, retour…
mercredi 29 juillet 2009
Another crazy ukrajinian bike-shop
jeudi 23 juillet 2009
mardi 21 juillet 2009
dimanche 19 juillet 2009
Prisonniers de la riviera roumaine
Les plans initiaux, il faut le reconnaître, sont à l'eau. Les chemins de terre qui relient le Delta à l'Ukraine, du moins ceux qui existaient encore la semaine dernière, ont étés emportés ou rendus dangereux par les inondations. En contournant le delta, on se retrouve à passer deux fois en Moldavie, ce qui implique un visa coûtant 50€ si on est chanceux et deux visas avec un peu de malchance (ou des officiels grincheux). J'ai tenté en vain de trouver un passage de Tulcea ou de Sulina en bateau la semaine dernière. Le ferry n'opère pas en 2009 et reprendra ses activités en 2011. Le catamaran a fait faillite. Un nouveau navire couvrira cet itinéraire à compter de… septembre. L'autobus a été annulé. Le train ne relie pas Constanta à Odessa ; on doit retourner à la capitale Bucarest et prendre un « express » qui refuse les vélos. Il y a des vaisseaux de croisière, très gentils et confortables, qui acceptent de m'emmener à Odessa pour 900€ (couchette et pension comprise, tout de même). L'avion, lui, part de Bucarest, fait escale en Hongrie, n'accepte que les vélos démontés et empaquetés, coûte 350€ (+supplément poids et supplément vélo) et euh… c'est un avion. J'ai fait le tour du port et de la marina au cours des deux derniers jours et personne ne veut m'emmener en Ukraine. Ukraine iz shit, on me dit. Da, da, da. Il ne reste que les camionneurs un peu relaxes sur les règlements qui font un détour par la Moldavie (visa) et un projet ambitieux de détournement de paquebot (prison, savon, bobo). J'ai donc fait, la mort dans l'âme, une croix sur Odessa. Il faut déduire que les relations entre l'Ukraine et la Roumanie sont un petit peu en deçà de fraternelles, disons, euh… courtoises. Une sombre histoire d'île bourrée de pétrole faisant l'objet de revendications des deux côtés. Bref.
En lieu et place, je prends donc mardi à l'aurore un autobus pour le Nord de la Roumanie (oui, yark, un au-to-bus). Ça aurait été marrant de pédaler, évidemment, mais ça aurait ajouté 10 jours au trajet, compte tenu de la présence peu discrète des Carpates. Je me ferai quand même un bout de cette chaîne de montagnes infestée de vampires, en direction de l'Ukraine et du fleuve Prout. Je vais donc en bus vers le Prout, après quoi je suivrai le Prout jusqu'au moment opportun et c'est sans doute une fois en Ukraine que je… passerai le Prout. Vous pouvez bien sûr compter sur moi pour vous offrir gracieusement des photos du Prout dans toute sa splendeur, dès que ça sera possible de me connecter, ce qui promet d'être la galère pour les deux prochaines semaines. En tout cas, je le sens bien, le Prout. Allons… En paix vers le Prout.
***
Quelques nouvelles sur les effectifs. Ivan est venu me retrouver dans les derniers jours. Il est parti hier matin, quelques heures avant le grand retour de Vincent, qu'on avait perdu à Budapest. Malheureusement, Vincent est obsédé par la visite d'un territoire qui ne fait plus partie des plans du tout. Il ira donc faire son tour par là-bas (je ne peux pas révéler de quelle région il s'agit car le bougre m'a exorté au secret) pendant que je grimperai vers la Pologne. À partir de là, je compte sur quelques hôtes en Couchsurf et je pourrai rompre le cybersilence. En plus, trois randonneurs pourraient me rejoindre au cours des prochaines semaines. À suivre ! Je ne m'y retrouve pas vraiment moi-même, mais comptez sur moi, ô lecteurs zé lectrices, je poursuivrai… croûte que Prout.
En lieu et place, je prends donc mardi à l'aurore un autobus pour le Nord de la Roumanie (oui, yark, un au-to-bus). Ça aurait été marrant de pédaler, évidemment, mais ça aurait ajouté 10 jours au trajet, compte tenu de la présence peu discrète des Carpates. Je me ferai quand même un bout de cette chaîne de montagnes infestée de vampires, en direction de l'Ukraine et du fleuve Prout. Je vais donc en bus vers le Prout, après quoi je suivrai le Prout jusqu'au moment opportun et c'est sans doute une fois en Ukraine que je… passerai le Prout. Vous pouvez bien sûr compter sur moi pour vous offrir gracieusement des photos du Prout dans toute sa splendeur, dès que ça sera possible de me connecter, ce qui promet d'être la galère pour les deux prochaines semaines. En tout cas, je le sens bien, le Prout. Allons… En paix vers le Prout.
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Quelques nouvelles sur les effectifs. Ivan est venu me retrouver dans les derniers jours. Il est parti hier matin, quelques heures avant le grand retour de Vincent, qu'on avait perdu à Budapest. Malheureusement, Vincent est obsédé par la visite d'un territoire qui ne fait plus partie des plans du tout. Il ira donc faire son tour par là-bas (je ne peux pas révéler de quelle région il s'agit car le bougre m'a exorté au secret) pendant que je grimperai vers la Pologne. À partir de là, je compte sur quelques hôtes en Couchsurf et je pourrai rompre le cybersilence. En plus, trois randonneurs pourraient me rejoindre au cours des prochaines semaines. À suivre ! Je ne m'y retrouve pas vraiment moi-même, mais comptez sur moi, ô lecteurs zé lectrices, je poursuivrai… croûte que Prout.
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