mardi 8 décembre 2009

Lille - Arras (par Avion) : 58 km


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ELP
Lucky Man

lundi 7 décembre 2009

Randy Newman
Lines in the Sand

dimanche 6 décembre 2009

Préparez vos Mouchoirs

Aretha Franklin
If I Had a Hammer

Ivan Illitch
Énergie et équité
Chapitre 1

Ivan Illitch est mort en 2002, le 2 décembre. Je vous propose de reprendre le lien offert gracieusement par World Car Free et de vous offrir chaque dimanche matin un chapitre de son livre phare. English and Deutsche versions will follow.
—————


par Ivan Illich, 1973


Ce texte a une histoire. Une première rédaction en français, établie avec l’aide de Luce Giard et de Vincent Bardet, parut dans le Monde en trois livraisons (mai 1973). Développée et remaniée, elle fut l’objet d’une première édition. Sur cette trame, complétée et enrichie de travaux conduits au Cidoc de Cuernavaca, fut établie une version anglaise plus longue et plus détaillée qui engendra ensuite, par le même processus, une nouvelle version en allemand.
Cette seconde édition en français a été traduite de l’allemand, puis collationnée avec les précédentes versions française et anglaise. On espère ainsi ne pas avoir privilégié ces enrichissements successifs aux dépens de la précision ou de la cohérence de l’argumentation.
On a par ailleurs fait suivre ce texte d’une annexe rédigée par Jean-Pierre Dupuy. Elle donne les résultats d’un calcul dont le principe est exposé clans ce livre, et qui porte sur ce que l’on a appelé la « vitesse généralisée » de l’automobiliste français.

- L’éditeur


CHAPITRE I
La crise de l’énergie

Aujourd’hui il est devenu inévitable de parler d’une crise de l’énergie qui nous menace. Cet euphémisme cache une contradiction et consacre une illusion. Il masque la contradiction inhérente au fait de vouloir atteindre à la fois un état social fondé sur l’équité et un niveau toujours plus élevé de croissance industrielle. Il consacre l’illusion que la machine peut absolument remplacer l’homme. Pour élucider cette contradiction et démasquer cette illusion, il faut reconsidérer la réalité que dissimulent les lamentations sur la crise : en fait, l’utilisation de hauts quanta d’énergie a des effets aussi destructeurs pour la structure sociale que pour le milieu physique. Un tel emploi de l’énergie viole la société et détruit la nature.

Les avocats de la crise de l’énergie défendent et répandent une singulière image de l’homme. D’après leur conception, l’homme doit se soumettre à une continuelle dépendance à l’égard d’esclaves producteurs d’énergie qu’il lui faut à grand-peine apprendre à dominer. Car, à moins d’employer des prisonniers pour ce faire, l’homme a besoin de moteurs auxiliaires pour exécuter la plus grande partie de son propre travail. Ainsi le bien-être d’une société devrait se mesurer au nombre de tels esclaves que chaque citoyen sait commander. Cette conviction est commune aux idéologies opposées qui sont en vogue à présent. Mais sa justesse est mise en doute par l’inéquité, les tourments et l’impuissance partout manifestes, dès lors que ces hordes voraces d’esclaves dépassent d’un certain degré le nombre des hommes. Les propagandistes de la crise de l’énergie soulignent le problème de la péurie de nourriture pour ces esclaves. Moi, je me demande si des hommes libres ont vraiment besoin de tels esclaves.

Les politiques de l’énergie qui seront appliquées dans les dix prochaines années décideront de la marge de liberté dont jouira une société en l’an 2000. Une politique de basse consommation d’énergie permet une grande variété de modes de vie et de cultures. La technique moderne peut être économe en matière d’énergie, elle laisse la porte ouverte à différentes options politiques. Si, au contraire, une société se prononce pour une forte consommation d’énergie, alors elle sera obligatoirement dominée dans sa structure par la technocratie et, sous l’étiquette capitaliste ou socialiste, cela deviendra pareillement intolérable.

Aujourd’hui encore, la plupart des sociétés — surtout celles qui sont pauvres — sont libres d’orienter leur politique de l’énergie dans l’une de ces trois directions : elles peuvent lier leur prospérité à une forte consommation d’énergie par tête, ou à un haut rendement de la transformation de l’énergie, ou encore à la moindre utilisation possible d’énergie mécanique. La première exigerait, au profit de l’industrie, une gestion serrée des approvisionnements en carburants rares et destructeurs. La seconde placerait au premier plan la réorganisation de l’industrie, dans un souci d’économie thermodynamique. Ces deux voies appellent aussi d’énormes dépenses publiques pour renforcer le contrôle social et réaliser une immense réorganisation de l’infrastructure. Toutes deux réitèrent l’intérêt de Hobbes, elles rationalisent l’institution d’un Léviathan appuyé sur les ordinateurs. Toutes deux sont à présent l’objet de vastes discussions. Car le dirigisme rigoureux, comme le métro-express à pilotage automatique, sont des ornements bourgeois qui permettent de substituer l’exploitation écologique par une exploitation sociale et psychologique.

Or la troisième possibilité, la plus neuve, est à peine considérée : on prend encore pour une utopie la conjonction d’une maîtrise optimale de la nature et d’une puissance mécanique limitée. Certes, on commence à accepter une limitation écologique du maximum d’énergie consommée par personne, en y voyant une condition de survie, mais on ne reconnaît pas dans le minimum d’énergie acceptable un fondement nécessaire à tout ordre social qui soit à la fois justifiable scientifiquement et juste politiquement. Plus que la soif de carburant, c’est l’abondance d’énergie qui mené a l’exploitation. Pour que les rapports sociaux soient placés sous le signe de l’équité, il faut qu’une société limite d’elle-même la consommation d’énergie de ses plus puissants citoyens. La première condition en est une technique économe en énergie, même si celle-ci ne peut garantir le règne de l’équité. De plus, cette troisième possibilité est la seule qui s’offre à toutes les nations : aujourd’hui, aucun pays ne manque de matières premières ou des connaissances nécessaires pour réaliser une telle politique en moins d’une génération. La démocratie de participation suppose une technique de faible consommation énergétique et, réciproquement, seule une volonté politique de décentralisation peut créer les conditions d’une technique rationnelle.

On néglige en général le fait que l’équité et l’énergie ne peuvent augmenter en harmonie l’une avec l’autre que jusqu’à un certain point. En deçà d’un seuil déterminé d’énergie par tête, les moteurs améliorent les conditions du progrès social. Au-delà de ce seuil, la consommation d’énergie augmente aux dépens de l’équité. Plus l’énergie abonde, plus le contrôle de cette énergie est mal réparti. Il ne s’agit pas ici d’une limitation de la capacité technique à mieux répartir ce contrôle de l’énergie, mais de limites inscrites dans les dimensions du corps humain, les rythmes sociaux et l’espace vital.

On croit souvent trouver un remède universel à ces maux dans l’hypothèse de carburants non polluants et disponibles en abondance, mais c’est là retourner au sophisme politique qui imagine pouvoir accorder, dans certaines conditions politiques, le règne d’une équité et d’une consommation d’énergie également illimitées. On confond bien-être et abondance énergétique, telle que l’énergie nucléaire la promet pour 1990. Si nous acceptons cette vue illusoire, alors nous tendrons à négliger toute limitation énergétique socialement motivée et à nous laisser aveugler par des considérations écologiques : nous accorderons à l’écologiste que l’emploi de forces d’origine non physiologique pollue l’environnement, et nous ne verrons pas qu’au-delà d’un certain seuil, les forces mécaniques corrompent le milieu social. Le seuil de la désintégration sociale due aux grandes quantités d’énergie est indépendant du seuil auquel la transformation de l’énergie se retourne en destruction physique. Ce seuil, exprimé en kwh ou en calories, est sans doute peu élevé. Le concept de quanta d’énergie socialement critique doit d’abord être élucidé en théorie avant qu’on puisse discuter la question politique de la consommation d’énergie à laquelle une société doit limiter ses membres.

Dans des travaux antérieurs, j’ai montré qu’au-delà d’une certaine valeur du PNB, les frais du contrôle social croissent plus vite que ledit PNB et deviennent l’activité institutionnelle qui détermine toute l’économie. La thérapie que dispensent éducateurs, psychiatres et travailleurs sociaux, doit venir s’ajouter aux programmes établis par les planificateurs, les gestionnaires et les directeurs de vente, et compléter l’action des services de renseignements, de l’armée et de la police. Mon analyse de l’industrie scolaire avait pour objet de le prouver dans un domaine restreint. Ici je voudrais avancer une raison de ce que plus d’énergie consommée demande plus de domination sur autrui. Je prétends qu'au-delà d’un niveau critique de consommation d’énergie par tête, dans toute société, le système politique et le contexte culturel doivent dépérir. Dès que le quantum critique d’énergie consommée par personne est dépassé, aux garanties légales qui protégeaient les initiatives individuelles concrètes on substitue une éducation qui sert les visées abstraites d’une technocratie. Ce quantum marque la limite où l’ordre légal et l’organisation politique doivent s’effondrer, où la structure technique des moyens de production fait violence à la structure sociale.

Même si on découvrait une source d’énergie propre et abondante, la consommation massive d’énergie aurait toujours sur le corps social le même effet que l’intoxication par une drogue physiquement inoffensive, mais psychiquement asservissante. Un peuple peut choisir entre la méthadone et une désintoxication volontaire dans la solitude, entre le maintien de l’intoxication et une victoire douloureuse sur le manque, mais nulle société ne peut s’appuyer là-dessus pour que ses membres sachent en même temps agir de façon autonome et dépendre d’une consommation énergétique toujours en hausse. A mon avis, dès que le rapport entre force mécanique et énergie métabolique dépasse un seuil fixe déterminable, le règne de la technocratie s’instaure. L’ordre de grandeur où ce seuil se place est largement indépendant du niveau technique atteint, pourtant dans les pays assez riches et très riches sa seule existence semble reléguée au point aveugle de l’imagination sociale.

Comme les États-Unis, le Mexique a dépassé ce seuil critique; dans les deux cas, tout input supplémentaire d’énergie ne fait qu'augmenter l’inégalité, l’inefficacité et l’impuissance. Bien que le revenu par habitant atteigne dans le premier pays 5 000 dollars et dans le second 500 dollars, les énormes intérêts investis dans l’infrastructure industrielle les poussent tous deux à accroître encore leur consommation d’énergie. Les idéologues américains ou mexicains donnent à leur insatisfaction le nom de crise de l’énergie, et les deux pays s’aveuglent pareillement sur le fait que ce n’est pas la pénurie de carburants, ni l’utilisation gaspilleuse, irrationnelle et nuisible à l’environnement de l’énergie disponible qui menacent la société, mais bien plutôt les efforts de l’industrie pour gaver la société de quanta d’énergie qui inévitablement dégradent, dépouillent et frustrent la plupart des gens. Un peuple peut être suralimenté par la surpuissance de ses outils tout aussi bien que par la survaleur calorique de sa nourriture, mais il s’avouera plus difficilement la sursaturation énergétique que la nécessité de changer de régime alimentaire.

La quantité d’énergie consommée par tête qui représente un seuil critique pour une société se place dans un ordre de grandeur que peu de nations, sauf la Chine de la révolution culturelle, ont pris en considération. Cet ordre de grandeur dépasse largement le nombre de kwh dont disposent déjà les quatre cinquièmes de l’humanité, et il reste très inférieur à l’énergie totale que commande le conducteur d’une petite voiture de tourisme. Ce chiffre apparaît, aux yeux du sur-consommateur comme a ceux du sous-consommateur, comme dépourvu de sens. Pour les anciens élèves de n’importe quel collège, prétendre limiter le niveau d’énergie revient à détruire l’un des fondements de leur conception du monde. Pour la majorité des Latino-Américains, atteindre ce même niveau d’énergie signifie accéder au monde du moteur. Les uns et les autres n’y parviennent que difficilement. Pour les primitifs, l’abolition de l’esclavage est subordonnée à l’introduction d’une technique moderne appropriée; pour les pays riches, le seul moyen d’éviter une exploitation encore plus dure consiste à reconnaître l’existence d’un seuil de consommation d’énergie, au-delà duquel la technique dictera ses exigences à la société. En matière biologique comme en matière sociale, on peut digérer un apport calorique tant qu’il reste dans la marge étroite qui sépare assez de trop.

La soi-disant crise de l’énergie est un concept politiquement ambigu. Déterminer la juste quantité d’énergie à employer et la façon adéquate de contrôler cette même énergie, c’est se placer à la croisée des chemins. A gauche, peut-être un déblocage et une reconstruction politique d’où naîtrait une économie post-industrielle fondée sur le travail personnel, une basse consommation d’énergie et la réalisation concrète de l’equité. A droite, le souci hystérique de nourrir la machine redouble l’escalade de la croissance solidaire de l’institution et du capital et n’offre pas d’autre avenir qu’une apocalypse hyper-industrielle. Choisir la première voie, c’est retenir le postulat suivant : quand la dépense d’énergie par tête dépasse un certain seuil critique, l’énergie échappe au contrôle politique. Que des planificateurs désireux de maintenir la production industrielle à son maximum promulguent une limitation écologique à la consommation d’énergie ne suffira pas à éviter l’effondrement social. Des pays riches comme les États-Unis, le Japon ou la France ne verront pas le jour de l’asphyxie sous leurs propres déchets, simplement parce qu’ils seront déjà morts dans un coma énergétique. A l’inverse, des pays comme l’Inde, la Birmanie ou, pour un temps encore, la Chine sont assez musclés pour savoir s’arrêter juste avant le collapsus. Ils pourraient dès à présent décider de maintenir leur consommation d’énergie au-dessous de ce seuil que les riches devront aussi respecter pour survivre.

Choisir un type d’économie consommant un minimum d’énergie demande aux pauvres de renoncer à leurs lointaines espérances et aux riches de reconnaître que la somme de leurs intérêts économiques n’est qu’une longue chaîne d’obligations. Tous devraient refuser cette image fatale de l’homme en esclavagiste qu’installe aujourd’hui la faim, entretenue par les idéologies, d’une quantité croissante d’énergie. Dans les pays où le développement industriel a fait naître l’abondance, la crainte de la crise de l’énergie suffit à augmenter les impôts bientôt nécessaires pour que des méthodes industrielles nouvelles, plus propres et davantage encore porteuses de mort remplacent celles qu’a rendues désuètes une surexpansion dépourvue d’efficacité. Aux leaders des peuples que ce même proces d’industrialisation a dépossédés, la crise de l’énergie sert d’alibi pour centraliser la production, la pollution et le pouvoir de contrôle, pour chercher, dans un sursaut désespéré, à égaler les pays mieux pourvus de moteurs. Maintenant les pays riches exportent leur crise et prêchent aux petits et aux pauvres le nouvel évangile du culte puritain de l’énergie. En semant dans le tiers monde la nouvelle thèse de l’industrialisation économe en énergie, on apporte plus de maux aux pauvres qu’on ne leur en enlève, on leur refile les produits coûteux d’usines déjà démodées. Dès qu’un pays pauvre accepte la doctrine que plus d’énergie bien gérée fournira toujours plus de biens à plus de gens, il est aspiré dans la course à l’esclavage par l’augmentation de la production industrielle. Quand les pauvres acceptent de moderniser leur pauvreté en devenant dépendants de l’énergie, ils renoncent définitivement à la possibilité d’une technique libératrice et d’une politique de participation : à leur place, ils acceptent un maximum de consommation énergétique et un maximum de contrôle social sous la forme de l’éducation moderne.

A la paralysie de la société moderne, on donne le nom de crise de l’énergie; on ne peut la vaincre en augmentant l’input d’énergie. Pour la résoudre, il faut d’abord écarter l’illusion que notre prospérité dépend du nombre d’esclaves fournisseurs d’énergie dont nous disposons. A cet effet, il faut déterminer le seuil au-delà duquel l’énergie corrompt, et unir toute la communauté dans un procès politique qui atteigne ce savoir et fonde sur lui une auto-limitation. Parce que ce genre de recherche va à l’opposé des travaux actuels des experts comme des institutions, je lui donne le nom de contre-recherche. Elle compte trois étapes. D’abord la nécessité de limiter la consommation d’énergie par tête doit être reconnue comme un impératif théorique et social. Ensuite il faut déterminer l’intervalle de variation où se situent ces grandeurs critiques. Enfin chaque société doit fixer le degré d’injustice, de destruction et d’endoctrinement que ses membres sont prêts à accepter pour le plaisir d’idolâtrer les machines puissantes et de se plier docilement aux injonctions des experts.

La nécessité de conduire une recherche politique sur la consommation d’énergie socialement optimale peut être illustrée sur l’exemple de la circulation. D’après Herendeen, les États-Unis dépensent 42 % de leur énergie totale pour les voitures : pour les fabriquer, les entretenir, chercher une place où les garer, faire un trajet ou entrer en collision. La plus large part de cette énergie est utilisée au transport des personnes. Dans cette seule intention, 250 millions d’Américains dépensent plus de carburant que n’en consomment, tous ensemble, les 1 300 millions de Chinois et d’Indiens. Presque toute cette énergie est brûlée en une immense danse d’imploration, pour se concilier les bienfaits de l’accélération mangeuse-de-temps. Les pays pauvres dépensent moins d’énergie par personne, mais au Mexique ou au Pérou on consacre à la circulation une plus grande part de l’énergie totale qu’aux États-Unis, et cela pour le seul profit d’une plus faible minorité de la population. Le volume de cette activité la rend commode et significative pour que soit démontrée, sur l’exemple du transport des personnes, l’existence de quanta d’énergie socialement critiques.

Dans la circulation, l’énergie dépensée pendant un certain temps se transforme en vitesse. Aussi le quantum critique prend ici la forme d’une limite de vitesse. Chaque fois que cette limite a été dépassée, on a vu s’établir le même processus de dégradation sociale sous l’effet de hauts quanta d’énergie. Au XIXe siècle, en Occident, dès qu’un moyen de transport public a pu franchir plus de 25 kilomètres à l’heure, il a fait augmenter les prix, le manque d’espace et de temps. Le transport motorisé s’est assuré le monopole des déplacements et il a figé la mobilité personnelle. Dans tous les pays occidentaux, durant les cinquante années qui ont suivi la construction du premier chemin de fer, la distance moyenne parcourue annuellement par un passager (quel que soit le mode de transport utilisé) a presque été multipliée par cent. Quand ils produisent plus d’une certaine proportion d’énergie, les transformateurs mécaniques de carburants minéraux interdisent aux hommes d’utiliser leur énergie métabolique et les transforment en consommateurs esclaves des moyens de transport. Cet effet de la vitesse sur l’autonomie de l’homme n’est affecté que marginalement par les caractéristiques techniques des véhicules à moteur ou par l’identité des personnes et des groupes qui détiennent la propriété légale des lignes aériennes, des autobus, des trains et des voitures. Une vitesse élevée est le facteur critique qui fait des transports un instrument d’exploitation sociale. Un véritable choix entre les systèmes politiques et l’établissement de rapports sociaux fondés sur une égale participation n’est possible que là où la vitesse est limitée. Instaurer une démocratie de participation, c’est retenir une technique économe en matière d’énergie. Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l’allure d’une bicyclette, et pas plus vite.
Je voudrais illustrer la question générale d’une consommation d’énergie ayant sa valeur sociale optimale avec l’exemple précis du transport. Encore ici me bornerai-je à traiter du transport des personnes, de leurs bagages et de tout ce qui est indispensable (carburants, matériaux, outils) à l’entretien des routes et des véhicules. J’omets volontairement ce qui concerne le transport des marchandises et celui des messages. Bien que le même schéma d’argumentation soit acceptable dans ces deux derniers cas, il faudrait donner à la démonstration détaillée un autre tour et je me réserve d’en traiter ultérieurement.

samedi 5 décembre 2009

Ali Farka Touré
Amandraï

vendredi 4 décembre 2009

Desert Rebel
Paix au Niger

mercredi 2 décembre 2009

Raymond Lévesque y était

mardi 1 décembre 2009

Sade
No more war no more war no more war

Oulah !



Trouvé chez mon pote Wim.

lundi 30 novembre 2009

Ypres - Lille ; 32 km


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Petite Fatigue

Paperlace… une Incontournable



Proposé par l'excellente Doodle.

dimanche 29 novembre 2009

Bruges - Ypres ; 59 km


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Alpha Blondy ; La Route de la Paix

samedi 28 novembre 2009

Sluis - Brugges ; 18 km


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Sly & the Family Stone ; Stand

vendredi 27 novembre 2009

Vlissingen - Sluis ; 28 km


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Bike For Peace in Zeeland news : PZC

Marlene Dietrich ; Where Have all the Flowers Gone?

jeudi 26 novembre 2009

Kloetinge - Vlissingen ; 38 km


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50th rider !
Joos Bikes for Peace in Zeeland



Joos was supposed to show me off to the edge of her village Kloetinge. Then the rain started. And the gale. So she liked it so much she decided we should go and have tea somewhere out there. Since she had gone 10 km, it was only natural that she guide me all the way to the new harbor of Vlissingen. And once there, the storm had so cut me thin that she could do nothing else but break the wind for me… until my next couchsurf, sympathetic bike activist Wim, who arrived presently, at the cockpit of his fantabulous rocket bike. Another wild day in Zeeland. In most countries, birds fly and cows walk. Here birds stay hidden and cows fly off in whole flocks.

Lowe chanté par Crow




Et puis en bonus, parce que cette chanson m'a toujours donné des frissons :




Aaaah pis puisque vous êtes si gentils :

mercredi 25 novembre 2009

Steppenwolf ; Draft Resister

mardi 24 novembre 2009

Goederede - Kloetinge ; 56 km


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Leon Fietst Voor de Vrede

CCR ; Fortunate Son

lundi 23 novembre 2009

Maasland - Goedereede ; 31 km


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Temptations ; Ball o' Confusion

dimanche 22 novembre 2009

Den Haag - Maasland ; 32 km


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Marvin Gaye ; What's Going on

Norman, Radfahrer für Friede

samedi 21 novembre 2009

Amsterdam - Den Haag ; 101 km


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Dire Straights ; Brothers in Arms

vendredi 20 novembre 2009

RATM ; Killing in the Name Of

jeudi 19 novembre 2009

Paul Hardcastle ; 19

mercredi 18 novembre 2009

Costello ; Shipbuilding

mardi 17 novembre 2009

Bruce Cockburn ; Wondering Where the Lions are

lundi 16 novembre 2009

Frankie Sez

dimanche 15 novembre 2009

Almere - Amsterdam ; 43 km


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Winni en Vico rollen voor de vrede

U2 ; Bullet the Blue Sky

samedi 14 novembre 2009

Lelystad - Almere ; 33 km


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Angela Bikes for Peace (6m below sea level)

One From my friend Ceciel

© Ceciel Lohuis

My good friend Ceciel hosted me two days in her cosy dutch place and there I saw this painting of hers. Tought I'd share that with you all.

Barry McGuire ; Eve of Destruction

vendredi 13 novembre 2009

Zwolle - Lelystad ; 51 km


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George Bikes for Peace (in the scorching wind)

The Clash

jeudi 12 novembre 2009

Beilen - Zwolle ; 65 km


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Ineke and Ronald Bike for Peace (in the pouring rain)

Kate Bush Was Here

mercredi 11 novembre 2009

Zimmie knows where it's at


Bob Dylan - Knockin' On Heaven's Door (Official Music Video) - More amazing video clips are a click away

mardi 10 novembre 2009

Leek - Beilen ; 52 km


Grotere kaart weergeven

Les deux derniers jours,
de bien petits sauts de puce,
mais sous les trombes.
Des linceuls, des mantilles,
des courtines poisseuses
recouvrent tout et s'invitent
dans chaque interstice
J'arrive chez ma pote
au bout de cet interminable
test de mon obstination
fourbu et moulu par la froidure
ruisselante et suintante
Nous nous serrons la main
sous l'assiette laiteuse qui
nous fait office de firmament
Ma gentille amie dont le nom
est Ceciel

The Wailers Said it so Well

lundi 9 novembre 2009

Groningen - Leek ; 21 km


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Pink Floyd ; Die Mauer

dimanche 8 novembre 2009

Neville Brothers ; God on Our Side

samedi 7 novembre 2009

Eexterzandvoort - Groningen ; 28 km


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Stills & Nash ; Military Madness

To & Sebo Bike for Peace on a Tandem



Nous avions eu un vélo-couché (Dominique), un vélo fait-main (Miette), un vélo en titane (Ivan), une mule (Vincent), un sans-nom (Loulou) un e-Bike (Rita), mais nous n'avions pas encore eu de tandem. Avec To et Sebo, c'est aujourd'hui chose faite.

Steve Earle, bien sûr



Un Cadeau de mon cher ami Gom.

vendredi 6 novembre 2009

Rita & Joachim roulent

Rhede, Deutschland - Eexterzandvoort, Nederland ; 44 km


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Spinning Wheel


Et c'eeeest un… départ !

jeudi 5 novembre 2009

Addio mein geliebtes Deutschland

Waters



It was just before dawn
One miserable morning in black 'forty four
When the forward commander
Was told to sit tight
When he asked that his men be withdrawn

And the Generals gave thanks
As the other ranks held back
The enemy tanks for a while
And the Anzio bridgehead
Was held for the price
Of a few hundred ordinary lives

And kind old King George
Sent mother a note
When he heard that father was gone
It was, I recall
In the form of a scroll
With gold leaf and all

And I found it one day
In a drawer of old photographs, hidden away
And my eyes still grow damp to remember
His Majesty signed
With his own rubber stamp

It was dark all around
There was frost in the ground
When the tigers broke free
And no one survived
From the Royal Fusiliers Company C

They were all left behind,
Most of them dead,
The rest of them dying
And that's how the High Command
Took my daddy from me

—
Roger Waters, 1979

lundi 2 novembre 2009

En attendant le nouveau départ proche



Certes, un rêve d’un beignet, c’est un rêve, pas un beignet,
mais un rêve de voyage c’est déjà un voyage.
– Marek Halter

mercredi 28 octobre 2009

I Ain't Blind and I don't like what I think I see

lundi 26 octobre 2009

Logo Proposition for Warmshowers



Helmut Herzfelde

dimanche 25 octobre 2009

Green


Proposée par Gom dans les comms des derniers jours

samedi 24 octobre 2009

Mort à moyen terme de l'automobile telle qu'on la connaît ?

vendredi 23 octobre 2009

Loulou saine et sauve

Je tiens à saluer la doyenne du tour (46 jours), qui vient de rentrer à bon port. Reste plus que moi.
Olé.

jeudi 22 octobre 2009

Vian toujours vivant !

Le Méchant Bouclier remplacé par un gentil bouclier



Bike For Peace se réjouit. L'Armée-riche réagit enfin aux pressions constantes exercées par la tournée des Mollomollets !

Contredisant les postures belliqueuses de son détesté prédécesseur George W. Bush, le Nobel de la paix monsieur Barrack Obama pose un geste conciliant en annulant l'installation du bouclier anti-missile prévu en Europe Centrale qui faisait hurler les Russes. À la place, l'équipe du dynamique jeune président propose plutôt un… bouclier anti-missile. Les Russes hésitent, doivent-ils rire ou pleurer ?

mercredi 21 octobre 2009

Edwin Said it with SOUL!



mardi 20 octobre 2009

Six Mois !



Ehh bien. Je devrais être déjà rentré, ou presque, mais non. Il faut bien admettre que c'est fantastique, tout cet imprévu, qui nourrit mes jours. C'était couru. Reste qu'à m'en remettre à ce qui est.

Mohandas Karamchand Gandhi



Nous devons incarner le changement que nous espérons en ce monde

私達は私達がこの世界で見たいと思う変更でなければならない

We must be the change we want to see in this world

我們必须是我們在這個世界想要看的變動

Sei du selbst die Veränderung, die du dir wünschst für diese Welt

Мы должны быть изменением мы хотим увидеть в этом мире

Debemos ser el cambio que queremos ver en el mundo



vendredi 16 octobre 2009

John was right on

jeudi 15 octobre 2009

Nat's got it right!

lundi 12 octobre 2009

Rhede - Groningen ; 36 km


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Il y a 65 kilomètres entre Rhede et Groningen. Pourquoi 36, alors ? Parce que je n'ai pas pu me rendre. Nous avons fait du stop pour arriver jusqu'ici. La pneumonie n'est pas guérie. Spit blood, ja. Nicht gut. Nous ne savons pas trop quoi faire, à ce stade. Peut-être simplement deux jours de repos de plus. Uhm… Aïe, aïe, aïe.

jeudi 8 octobre 2009

Repos !

mardi 6 octobre 2009

Pneu momie

Passé voir une doc. Gentille madame russe qui après examen pointe mes poumons et lâche :
— Nicht gut! Nicht, nicht gut.

Un mot français fuse de son discours, un mot que je connais bien. Elle me regarde droit dans les yeux, soudainement très sérieuse, au moment de prononcer :
— Pneumôôônie.
— Pneumonia ?
— Pneu-môôô-nie.
— Ach. Nicht gut.
Elle montre les cinq doigts de sa main.
— Ffffünf tag.
Puis elle couche sa tête sur ses avant-bras.
— Sleep.
— Cinq jours de dodo ?
— Ja.
— Je peux faire 60 kilomètres de vélo, demain, uhm ?
— Was ?
— Groningen. Fahrad. Vélo. Groningen. 60 kilomètres.

Elle rit. Franchement, elle me rit en pleine face.
— NEIN. Zéro kilomètres. Fünf tag. Five days. Minimum.
— Câlisse.
— Nein.
— Konzéquences, if I go to Amsterdam, vélo, uhm ?
— Konzéquence… Spit-blot… Zer sick… Krank… Tot.
— Tot ?
— Spit-blot
— Uhm.

Je décide de ne pas lui dire que justement, depuis 24 heures, j'en crache, du sang. Ces enfoirées de fridolines poussent même l'indécence jusqu'à me payer l'antibio, une fois qu'elles ont compris que ça ne sera pas possible autrement.

Quant à nos hôtes de Rhede, ils surpassent tout ce qu'on a connu jusqu'à présent côté hospitalité. Ils doivent partir dans quelques jours mais ils nous laissent leur maison. Que vont-ils faire ? Entraîner leurs mules, eux qui se préparent à faire le voyage Rhede - Compostelle l'été prochain. À pied. Avec des mules pour les bagages.

En attendant, je vais dormir, fünf tag.

vendredi 2 octobre 2009

Châteaux de sable en Ukraine

jeudi 1 octobre 2009

Willhelmshaven - Esens ; 61 km


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